Dédramatiser la maladie d’Alzheimer

Par Marie-Paule Dessaint, auteure, conférencière et biographe

La maladie d’Alzheimer est toujours présentée comme quelque chose d’effroyable, une mort psychique à petit feu, alors que, pendant qu’il est encore temps, on peut miser sur les fonctions préservées et stimuler la personne par toutes sortes d’activités…

Voici quelques notes à propos de la maladie d’Alzheimer, recueillies dans magazine Que choisir Santé de février 2011.

Cette maladie est grave, bien sûr, mais elle est toujours présentée de façon effroyable alors que la réalité de la vie quotidienne est toute autre. Il est possible, d’après l’auteure de cet article, Joëlle Maraschin, une fois le choc de l’annonce passé, d’apprendre, ensemble, à contourner les difficultés au fur et à mesure de leur apparition. Surtout que l’on peut miser sur les fonctions préservées, par exemple, les habiletés physiques et sportives (jouer au tennis, faire du jogging, nager, etc.)

Bien sûr, la mémoire immédiate disparaît peu à peu et la personne éprouve des difficultés avec les dates et les chiffres, notamment, mais elle conserve son vocabulaire. Elle ne reconnaît pas les objets ou les confond. Avec un peu de créativité, il est possible de trouver des moyens de faire passer l’information autrement. Pour les horaires, par exemple, au lieu de donner l’heure (18 h, etc.) on peut parler de l’heure du souper, de l’heure des nouvelles, du coucher…

L’auteure recommande aussi de ne pas changer la marque des produits (toilette, entretien de la maison, etc.) que la personne connaissait avant sa maladie. Éviter aussi les voyages dans des lieux nouveaux qui peuvent complètement la désorienter et la stresser.

L’effet du stress

Le stress est l’ennemi numéro un de la maladie d’Alzheimer. L’auteure raconte que si, un de ses proches pose trop de questions à la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, en pensant bien faire, celle-ci finira par ne plus reconnaître ce proche, même s’il s’agit de son conjoint ou d’un de ses enfants.

Je me souviens, par exemple, qu’une de mes sœurs, qui s’occupait beaucoup de ma mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer à la toute fin de sa vie, la bombardait parfois de toutes sortes de mots, de recommandations, de questions avec, parfois, peu de délicatesse. Un jour, ma sœur s’est un peu fâchée car notre mère ne la reconnaissait plus et l’avait même prise… pour sa propre mère : notre grand-mère.

Pour la personne atteinte, il s’agit d’une façon de se protéger.

Chercher tout ce qui est agréable réduira les symptômes

Si l’environnement physique et humain ne tourne qu’autour de la maladie, des médicaments et des soins, si la maladie est stigmatisée et non valorisée dans ce qu’elle peut encore faire, les symptômes vont s’exacerber.

Stimuler… par des activités

Des ateliers mémoire, bien sûr, mais aussi des ateliers de stimulation des sens, par la musique, la couleur, la lumière, l’art… La présence d’animaux (thérapie assistée par des animaux), ainsi que la reproduction de situations vécues dans le quartier de la personne : trajets, téléphone, achats…

Mais tout cela, sans stress

Leave a comment