Par Marie-Paule Dessaint, Ph.D., auteure, conférencière et biographe

La mémoire contient l’équivalent de 6 millions de pages d’informations et elle est sollicitée chaque jour par à peu près 90 000 informations de toutes sortes. Comment faire le tri, choisir,  organiser, ranger, emmagasiner ce qui est important?

Notre mémoire est tellement sollicitée chaque jour, que nous n’avons pas d’autre choix que de bien sélectionner ce que l’on y fait entrer. et ce que l’on veut en faire On n’apprend pas des mots et des chiffres avec les mêmes stratégies que l’on apprend… à jouer au golf ou à lacer ses souliers!

Notre mémoire est un joyau, probablement un des plus précieux qui nous ai été donné. Sans elle, notre vie serait limitée et sans intérêt; grâce à elle, nous pouvons lire, écrire, partager, apprendre, penser, raisonner, résoudre des problèmes, prendre des décisions, exercer notre créativité, recourir à notre intuition, reconnaître nos lieux familiers et les personnes qui nous sont chères, et construire aussi notre affectivité et une identité bien à soi.

Alors, dès qu’elle flanche un peu, le spectre de la sénilité, de la maladie d’Alzheimer et de la dépendance apparaît immédiatement, surtout si nous sommes âgés de plus de cinquante ans.

Nous avons tendance à nous inquiéter et même à nous culpabiliser au moindre oubli alors que nous devrions plutôt chercher à débusquer les facteurs qui en sont à l’origine. En voici quelques uns.

  • fatigue, stress, émotions fortes, perte d’être chers,
  • manque de sommeil et d’exercice,
  • maladie, prise de médicaments, dépression,
  • solitude et isolement,
  • surabondance d’informations desquelles il faut sans cesse extraire l’essentiel,
  • rapidité des changements,
  • transitions de vie, notamment le passage à la retraite,
  • ainsi que l’obligation d’atteindre toujours, et toujours encore, un haut niveau de performance dans toutes les sphères de notre existence, quel que soit notre âge.

À cela il faut ajouter

  • le manque d’entraînement de notre mémoire au quotidien,
  • l’utilisation excessive de toutes ces béquilles que sont les notes, les fiches, les «petits papiers» éparpillés çà et là, dont nous devenons dépendants et qui rendent notre mémoire paresseuse.

Ajoutons souvent aussi le regard amusé et condescendant pour ne pas dire méprisant que certaines personnes, plus jeunes, portent sur les personnes âgées lorsqu’elles prennent plus de temps que les autres à réagir à une information, à sortir leur argent à une caisse ou encore à comprendre une question ou à y répondre.

Comment alors, dans un tel contexte ne pas douter de soi et de sa mémoire et oser continuer à prendre sa place?

Donc, pour avoir une meilleure mémoire, il faut bien plus que tous ces exercices amusants que l’on fait…

Extrait de l’introduction de La mémoire. L’entretenir et la développer

Livres références

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