Il y a tant à dire à propos de la mémoire et de l’intelligence! Je me limite ici à la synthèse que je propose en conclusion des cours que je donne sur ce sujet. Il s’agit en fait des fondations sur lesquelles s’appuient une mémoire et une intelligence vives, alertes et heureuses.

Je mets toujours l’accent sur l’hippocampe et les capacités cognitives d’attention et de concentration, car la mémoire et l’intelligence en sont largement tributaires. Rien ne sert en effet de faire des mots croisés, de jouer au bridge ou d’apprendre des moyens mnémotechniques si notre machine à penser, à créer et à apprendre se détériore peu à peu, faute de soins.

Parcourir cette série d’articles permet de comprendre à quel point nous avons du pouvoir sur l’efficacité de cette merveilleuse machine et, qu’en plus, cela est relativement simple et surtout plaisant.

À propos de l’hippocampe

L’hippocampe est cette petite structure, au cœur du cerveau, indispensable à la formation des souvenirs sémantiques (le sens des mots) et épisodiques (notre histoire personnelle) et à leur conservation tant qu’ils ne sont pas stockés de façon permanente dans la mémoire à long terme. Il assure aussi la mise en relation des informations stockées dans les différentes zones du cerveau. Si l’hippocampe est altéré, comme dans la maladie d’Alzheimer, il devient presque impossible de mémoriser de nouvelles informations.

Cerveau avec hippocampe

Mémoire et l’intelligence

Grâce à notre mémoire, nous pouvons lire, écrire, accumuler des connaissances, nous repérer dans notre environnement, rêver, exercer notre créativité, raisonner et faire des calculs mathématiques. Notre mémoire est aussi le pilier de notre propre identité. Grâce à notre intelligence, nous pouvons nous adapter rapidement au changement, nous sortir de difficultés, planifier des actions, résoudre des problèmes, penser de façon abstraite, comprendre des idées complexes, ainsi que notre environnement physique et humain.

L’intelligence s’appuie sur nos mémoires lexicale, sémantique, procédurale (pour le calcul), visuelle-spatiale, ainsi que la mémoire de travail.

Une personne peut avoir une mémoire extraordinaire ou être un génie dans son domaine, sans être «totalement intelligente». Par exemple, un fermier (intelligence naturaliste) peut être plus agréable à côtoyer (intelligence émotionnelle) qu’un mathématicien de renom (intelligence logico-mathématique) maladroit (intelligence corporelle) et obsédé par son travail.

Pour éviter de porter un jugement général et radical sur le degré d’intelligence d’une personne et la comparer à d’autres, les spécialistes des neurosciences utilisent de préférence l’expression fonctions (ou capacités cognitives supérieures)

Dans cet article je reproduis deux stratégies parmi les 11 que je propose habituellement lors des ateliers et conférences que j’anime sur le sujet

Quelques stratégies pour une mémoire et une intelligence vives, alertes et… heureuses

Les stratégies pour maintenir notre mémoire et notre intelligence au meilleur de leur forme oscillent entre l’entretien de notre organisme, de notre cerveau et de nos organes des sens (hygiène de vie), les défis que nous nous lançons, la capacité à nous concentrer sans nous laisser distraire par les interférences, ainsi que la construction de cartes mentales.

Procurer plaisirs et défis au cerveau

Des recherches récentes ont montré que le cerveau est atteint de néophilie, ce qui le rend curieux et intéressé par tout ce qui nouveau et inconnu. Le centre de la néophilie se trouverait dans l’hippocampe.

Grâce à cette particularité, le cerveau fabrique de la dopamine, l’hormone du plaisir et de l’entrain, également le neurotransmetteur responsable de la bonne circulation de l’information dans le cerveau. Ce neurostimulant joue un rôle important dans la motivation, la récompense, la prise de décisions, l’attention, la concentration et la mémorisation. Si le cerveau n’est pas exposé à des choses nouvelles, inconnues, différentes, excitantes et même difficiles, il s’ennuie et déprime à refaire les mêmes choses.

Plusieurs moyens lui permettent d’assouvir ce besoin : résoudre des problèmes, surmonter des difficultés, relever des défis, donner et recevoir des baisers et des massages, écouter de la musique et, malheureusement aussi fumer ou se droguer.

Notons au passage que la musique ne fait pas qu’augmenter le taux de dopamine, elle augmente aussi celui de la sérotonine, l’hormone du bien-être. Pour sa part, le massage réduit le taux de cortisol, l’hormone du stress qui, en excès, bloque tout nouvel apprentissage.

À partir de 20 ans environ, nous perdons 6% des récepteurs de dopamine toutes les décennies. Cela pourrait expliquer, en partie, la plus grande difficulté que nous avons en vieillissant à être attentif, à nous concentrer, à résister aux interférences et probablement aussi, pour certaines personnes, à conserver leur entrain.

Conseils pour rendre votre cerveau plus heureux!

  • Apprenez sans cesse des choses nouvelles, résolvez des énigmes, faites des jeux de mémoire compliqués et des casse-tête, écoutez de la musique qui vous émeut, apprenez à jouer d’un instrument.
  • Compliquez-vous la vie, juste pour le plaisir. Fuyez surtout les habitudes et les automatismes, même s’ils vous permettent d’économiser du temps et de l’énergie puisque vous n’avez pas à réapprendre, chaque fois des tâches routinières. Ne les laissez toutefois pas prendre le contrôle de votre vie au point de vous faire commettre des erreurs d’inattention qui pourraient vous causer des ennuis.
  • Consommez des aliments riches en tyrosine, car la dopamine est issue de cet acide aminé. Vous en trouverez notamment dans les graines de sésame, de citrouille et de tournesol, ainsi que dans les amandes, les fèves de Lima, les bananes, les avocats et le lait.

Fuir le méchant stress et la dépression

Un peu de pression psychologique causée par le stress et l’anxiété a des effets positifs sur nos fonctions cognitives et notre comportement : renforcement de l’attention et de la concentration, amélioration de la mémoire, rappel efficace des informations de la mémoire à long terme. Un peu d’anxiété permettrait même de mieux parler en public.

En revanche, lorsque cette pression psychologique est trop intense et dure trop longtemps, elle produit l’effet inverse : elle bloque l’apprentissage et peut même détruire les neurones.

Dès que nous apprenons quelque chose de nouveau, nous traversons en effet un moment de déstabilisation cognitive tout à fait normal, puisque nous devons remettre en cause ou réévaluer ce que nous connaissons déjà. Bien ancrées dans la mémoire, ces connaissances sont devenues des automatismes dont nous ne sommes pas conscients. Il est par conséquent difficile de les modifier.

Si les émotions qui accompagnent l’apprentissage sont trop fortes, particulièrement la peur de se tromper et d’échouer, le risque de se faire punir (à l’école) ou de faire rire de soi ou encore la pression de l’entourage (parents, enseignants, employeur, conjoint), le cortex préfrontal, le centre de l’apprentissage et messager du stress, peut se bloquer totalement.

Le stress s’attaque en effet à notre flexibilité mentale et nous ramène automatiquement dans le confort de nos habitudes afin de permettre au cerveau de se centrer sur l’objet de nos peurs.

Lorsque l’erreur est considérée comme une part de l’apprentissage, tout devient plus facile. Au début de mes cours, je commence toujours par donner aux participants mes consignes de professeur sévère : rire, s’amuser, ne pas se comparer, ne pas avoir peur de se tromper, puisque c’est une part de l’apprentissage et tricher tant que l’on veut, à condition, bien sûr, de faire des efforts personnels.

Quand nous sommes stressés ou anxieux, les glandes surrénales produisent beaucoup de cortisol, l’hormone du stress et de l’énergie. Le cortisol est indispensable, puisqu’il nous tient éveillés et nous permet de réagir en cas d’urgence, mais lorsque sa concentration est 20 fois plus élevée que la normale, il peut s’attaquer au cerveau et à l’hippocampe, notamment aux synapses, l’endroit où se font les échanges et la circulation de l’information entre neurones.

Le stress empêche aussi la fabrication de nouveaux neurones.

Conseils pour réduire le stress de votre vie

  • Adoptez une technique de relaxation ou de méditation, car cela a un impact formidable sur la santé, sur la qualité sur sommeil, mais aussi sur la capacité d’être attentif, de se concentrer et de contrôler le stress.
  • La médiation marchée est un excellent antistress, car elle est simple, efficace et disponible en tout temps!
  • Quand tout va trop vite, ou avant de passer un examen, parler en public ou si quelque chose vous rend anxieux, prenez un moment pour vous détendre, en comptant très lentement, à rebours, de 100 à 0.

À suivre….

Livres références

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