Couple à la retraite. Bonheur ou péril en la demeure?

Par Marie-Paule Dessaint, auteure, conférencière et biographe

Cette histoire est classique. Elle finit mal, mais parfois, après une période difficile, une nouvelle porte s’ouvre vers une vie bien meilleure… et mieux accompagné, pour l’un comme pour l’autre.

Un monsieur que je connais (pas celui de la photo qui a aimé sa belle jusqu’à sa mort) a consacré toute sa vie professionnelle à donner 200% de son temps et de ses énergies à son employeur. Une partie de son travail se faisait le soir, plusieurs jours par semaine et «sur appel» pour les urgences. Son employeur ne lui a jamais donné l’occasion de se réaliser pleinement alors qu’il est un «créatif, un inventeur» qui aurait pu apporter beaucoup à l’entreprise. Il aurait voulu faire autre chose, mieux adapté à sa personnalité et à ses talents, mais il s’est réellement «sacrifié» pour apporter la sécurité à sa famille.

De ce côté, il n’a jamais reçu de reconnaissance, excepté son salaire. Il a fait beaucoup de concessions aussi pour mettre de l’argent de côté afin d’assurer à son couple une retraite agréable et sans soucis financiers : voyages, détente, etc. Il possédait des objets d’une grande valeur qu’il pourrait revendre plus tard, en cas de besoin. Il n’était donc pas souvent disponible pour «faire des choses» avec sa famille, excepté celles du quotidien, tellement il était occupé à assurer leur confort au détriment du sien.


Sa femme, travaillait quelques heures par semaine; très peu en fait. Il lui donnait «tout», tout comme à ses enfants qui, aujourd’hui, le voient peu et semblent craindre encore son autorité. Cette autorité qui les a conduits à une vie et à une carrière (apparemment?) réussies car il a, là aussi, fait de nombreux sacrifices, financiers et personnels pour leur permettre de faire des études universitaires.

Une énorme surprise l’attendait à l’aube de sa retraite
Quelque temps avant sa retraite, il a vu des huissiers entrer chez lui, pour faire l’inventaire de ses collections et de ses possessions. Sa femme venait de demander le divorce et, selon la Loi, au Canada, elle a obtenu la moitié de sa rente de retraite, la moitié de ses économies (les placements), de ses objets de collection, de la maison où ils ont vécu durant 30 ans, qu’elle a conservée, le forçant à vivre dans un appartement minuscule et à renoncer à ses projets de retraite.

Il n’a jamais vu les choses venir. Il avait l’impression que tout allait bien; parfaitement bien. Pas de disputes importantes, etc. En fait, pas de communication; juste le quotidien sans vagues.


Il n’en revient pas encore! Il trouve aujourd’hui que la vie ne vaut pas vraiment la peine d’être vécue car elle donne très peu en retour de l’investissement humain qu’on y met.


Qui est «fautif» dans tout cela? Elle ou lui? La vie? Le travail? L’employeur? Le stress du quotidien? Les valeurs de performance de notre société?

Est-il totalement responsable de ce qui leur arrive? Est-elle vraiment une personne abjecte, profiteuse, malhonnête, ingrate comme il me l’a dit à un certain moment? Pourquoi n’a-t-il pas vu les choses venir? Pourquoi n’a-t-elle pas réagi plus tôt?

Qu’en pensez-vous?

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