Conseils et stratégies pour franchir les transitions de vie

Par Marie-Paule Dessaint, auteure, conférencière et biographe

La résistance au changement n’est que le refus de la croissance (Alexander Ruperti)

Qu’est-ce qui distingue le changement d’une transition de vie, même si les deux sont souvent liés? Et cela surtout si le changement n’est pas vraiment souhaité?

Voici quelques pistes de réflexion et d’action pour se donner le maximum de chances de réussir ce grand voyage. Ils sont extraits de mon livre Cap sur la retraite. 25 points de repère pour franchir les transitions. 

Changer, transiter et s’adapter

Dans son ouvrage Les transitions de vie, William Bridges divise le changement en trois phases. Voici comment je les résume dans mon livre Cap sur la retraite. 25 points de repère pour franchir les transitions.

La fin. C’est le changement proprement dit, le détachement, le départ pour le grand voyage.

La zone neutre. C’est la transition, l’entre-deux, avec son lot d’incertitudes et de difficultés.

L’adaptation. C’est l’intégration du changement dans notre vie, l’arrivée à destination et un nouveau départ.

Changer…

Changer, c’est, par exemple, choisir de déménager, vouloir un meilleur emploi, se marier, quitter une relation qui nous emprisonne ou encore modifier certaines habitudes. Voici quelques exemples: fumer, se mettre en colère, manquer d’autonomie.

Lorsque le changement est choisi,  la transition vers un nouvel équilibre (l’adaptation) peut sembler difficile car elle met la vie et les habitudes sens dessus dessous. Elle porte cependant en elle beaucoup d’espoir et d’enthousiasme, voire de fierté et d’estime de soi.

Lorsque le changement est imposé, par exemple lors d’un congédiement, du deuil d’une personne aimée ou l’annonce d’une maladie qui hypothéquera le reste de nos jours, les choses sont bien plus difficiles. Il faudra alors passer par quelques turbulences avant de s’adapter au changement.

La transition est bien plus douloureuse. Elle pourra alors s’accompagner de sentiments et d’émotions difficiles : injustice, rejet, inutilité, abandon, culpabilité, apitoiement sur soi-même, déception, amertume et solitude.

Transiter 

La transition c’est en fait cette voie de passage vers l’acceptation et l’intégration d’un changement dans notre vie. Contrairement au changement proprement dit, qui est extérieur à soi, ce processus est interne, psychologique et subjectif.

La transition ne doit donc pas être escamotée ou abrégée, sous aucune prétexte, car le changement risque alors de nous rattraper un jour ou l’autre.

Tout devra alors être recommencé.

Bien des difficultés au sein des organisations, des familles, des couples ou lors de la réalisation de projets s’expliquent d’ailleurs par des transitions qui ont été mal négociées ou escamotés au préalable.

S’adapter au changement

L’adaptation, c’est l’arrivée à destination; l’intégration du changement dans notre vie. C’est le commencement. Un nouveau départ.

Les doutes, les frustrations et les inquiétudes cèdent maintenant la place à l’espoir, au soulagement, à l’enthousiasme, à la satisfaction et souvent aussi à la fierté de soi.

Tout à coup, toutes les possibilités, toutes les propositions que la vie a faites deviennent réalité. Les avantages l’emportent sur les inconvénients et les risques sur les résistances et les blocages. Les obstacles sont tombés.

L’avenir semble plus serein même s’il faut parfois encore y consacrer du temps et des énergies. Le changement s’intègre peu à peu à la vie.

Conseils avant de vous engager dans le changement: la fin

Le moment est venu de se jeter à l’eau, de se détacher et de quitter notre zone de confort et de sécurité.

Il faut parfois aussi abandonner des lieux et des visages familiers, des rêves et des ambitions.

Déséquilibre, bouleversement, fébrilité, espoir et inquiétude font souvent partie du voyage.

Le changement est préoccupant et exige beaucoup d’énergie, surtout si l’on se sent seul et dépassé par les événements.

 Avant de vous lancer à l’aventure, je suggère de mettre par écrit vos motivations, vos ressources pour réaliser ce changement et de faire un examen de vie.

Quelles sont vos forces, vos talents, vos valeurs, vos compétences et l’aide extérieure dont vous disposez?

  Évaluez rationnellement la situation, fixez-vous des objectifs précis et établissez un plan d’action.

 Soyez au clair à propos des résistances qui risquent de vous bloquer.

Ce petit travail préalable pourra être bien utile à revoir pendant les périodes de doute et de désenchantement  de la zone neutre (la transition). Il est bon aussi de le revoir lorsque le changement sera achevé afin de vérifier si tout s’est passé comme on le souhaitait.

Pour bien négocier la zone neutre

Cette période est plutôt déstabilisante car il faut à la fois renoncer à nos anciennes façons de faire les choses et en trouver de nouvelles.

Il faut préparer l’avenir, poser des jalons, prendre des décisions et trouver d’autres repères. Détachés du passé (les raisons du changement), nous ne sommes pas encore attachés au présent, notamment sur le plan émotif.

La motivation sera mise à dure épreuve par toutes sortes de justifications rationnelles et l’envie de revenir en arrière… ou d’attendre que quelqu’un prenne les décisions à notre place.

La confusion, la fatigue, l’angoisse et l’irritabilité seront parfois aussi du voyage, tout comme des problèmes de santé associés au stress du changement. Le sommeil sera perturbé et les problèmes de mémoire et les symptômes psychosomatiques pourront se mettre de la partie.

Ces hésitations sont saines et normales car elles permettent d’éviter de commettre des erreurs. Elles peuvent cependant pousser à faire traîner les choses au risque de les voir avorter.

  Le changement doit s’appuyer sur un socle solide.

Préoccupez-vous avant tout de votre bien-être physique, psychologique et matériel.

Maintenez-vous en forme physique, dormez suffisamment.

Ne vous mettez pas financièrement en danger.

 Évitez de solliciter l’avis de votre entourage, car certaines personnes pourraient agir sur vous comme des éteignoirs, souvent dans leur propre intérêt. Certaines feront même rejaillir leurs propres peurs du changement sur vous.

En vous poussant à rester dans votre ancienne vie et vos anciennes habitudes, ces personnes pourraient même vous amener à douter de vous.

 Si vous vous sentez dépassé par les événements, et déstabilisé, n’hésitez pas à vous faire accompagner par une personne spécialisée dans les transitions de vie.

Cette personne vous permettra de discuter ouvertement et en toute confiance de votre projet et de le faire mûrir, sans vous juger ni vous dire quoi faire. Elle vous invitera à confronter vos résistances et vous faire sortir de votre zone de confort afin de vous mettre rapidement en action.

 Ne précipitez toutefois pas les choses sur un coup de tête parce vous n’en pouvez plus d’attendre, sans savoir comment votre vie sera à destination.

Vous risqueriez alors de faire marche arrière et renoncer à vos rêves. Au travail, vous pourriez démissionner sans véritable raison. Vous risqueriez aussi de déménager dans un endroit qui ne vous convient pas. Vous pourriez quitter l’autre trop rapidement. Vous pourriez aussi, comme cela arrive chez des personnes désespérées, penser mettre fin à vos jours.

Réussir l’intégration

 Dressez un dernier bilan afin de vérifier notamment si le changement s’est opéré de façon satisfaisante.

Vérifiez si l’écart entre votre situation de départ et le changement que vous souhaitiez (la nouvelle situation) s’est comblé.

Relisez tout ce que vous avez mis par écrit à la première étape.

 Vérifiez si vous devez encore agir pour achever le changement.

Vive la changement! Vive la vie! Soyez heureux!

 

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