Rêver encore en grand à la retraite

Par Marie-Paule Dessaint, Ph.D., auteure, conférencière et biographe

Ils sont à la retraite et comptent bien réaliser enfin leurs rêves mis en veilleuse au profit de leur carrière et du bien-être de leur famille. De nouveaux rêves aussi, mieux adaptés à leur situation, à leur énergie et à leurs besoins d’aujourd’hui.


Alors, ils courent le marathon, font la conquête de l’Himalaya ou du chemin de Compostelle, lancent une entreprise, suivent des cours ou en donnent, apprennent un nouveau métier ou une autre langue, jouent encore au théâtre et au cinéma, se remarient, vendent tout pour parcourir le monde à pied ou en vélo ou carrément pour s’installer à l’étranger. Ils achètent un vignoble, une moto, une mine d’or…

Ma retraite ne sera jamais assez longue pour combler tous mes rêves! (Paul., 66 ans)


Mais il arrive qu’ils se blessent, en faisant des excès, tombent malades ou prennent brutalement conscience qu’ils se sont trompés de rêve.

Embobinés par les sirènes du marketing des seniors, ils s’endettent parfois aussi en cherchant à paraître avant d’être.

Déterminés à ne prendre que le meilleur de la vie, la plupart rebondissent et se relèvent.

Ils révisent leurs rêves pour «viser plus juste», sans pour autant perdre leur passion de vivre.

Ils apprennent aussi à mieux se connaître : besoins, valeurs, forces, talents, désirs, mais aussi leurs limites, physiques et matérielles; celles qu’ils ne peuvent plus dépasser et celles qui peuvent l’être encore.



De 65 à 80 ans, j’ai réalisé un bon nombre de mes rêves, mais maintenant j’ai un nouveau patron : mon corps. Alors, entre mes rendez-vous chez l’audioprothésiste, le dentiste et l’ophtalmologiste… je passe du temps avec mon ordinateur. J’écris des textes, des cartes d’anniversaire et de sympathie. Je prépare aussi des animations pastorales, de partage de la parole et de méditation chrétienne. (Hélène., 83 ans.)

 

Pendant que les uns se lancent dans de nouvelles aventures, d’autres se replient dans un monde plus petit, plus confortable et plus sécuritaire: famille, amis, routines, traditions, télévision.

Quelques activités aussi, mais rien de spectaculaire et de trop exigeant.

Les uns sont fatigués et usés par une vie de dur labeur. Leur rêve de retraite, c’était vraiment de se reposer.

D’autres manquent de ressources, matérielles et intellectuelles. L’âge finit aussi par imposer ses propres limites.

Si la passion est encore au rendez-vous, le corps ne suit pas toujours, mais cela ne les empêche pas de rêver grand encore et d’être heureux; à leur façon, à la hauteur de leurs besoins, de leurs ambitions et de leurs capacités.

Ils ont appris à s’adapter et surtout à s’accepter.Michael Adams, auteur de Stayin’Alive a divisé les retraités canadiens en quatre «tribus».

O La plus importante (48%), les Darwinistes désengagés, est constituée de personnes qui n’aspirent qu’au repos et au calme.

O De leur côté, les Enthousiastes branchés (21%) et les Rebelles autonomes(19%), voyagent, apprennent, s’engagent, militent et travaillent encore. 

O Les Communautaristes anxieux (12%) trouvent bonheur, contentement et sécurité dans les liens qu’ils tissent avec les autres et le bonheur qu’ils leur apportent.

Mais comme rien n’est jamais figé, il arrive, qu’avec le temps, leurs rêves se transforment, en plus grand, en plus petit ou en plus réaliste.

Les projets de retraite : maintenir le cap contre vents et marées


Mark Twain a écrit: «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait». Il faut continuer de rêver en grand, comme si l’on avait encore toute la vie devant soi. Ne jamais baisser les bras et continuer de croire à l’impossible. Savoir prendre de la distance et croire encore aux miracles. C’est ce qui me sauve (Roseline, 61 ans)


Les rêves s’évanouissent souvent lorsque les autres ne croient pas en nous, nous jalousent ou craignent de perdre leur pouvoir.

Ces croyances incrustées en nous depuis l’enfance, à grands coups de jugements, de mises en garde, de reproches et de critiques de la part de notre entourage bloquent aussi nos élans, faisant de nous les éteignoirs de nos propres rêves.

Nos peurs aussi, notamment de se tromper, de ne pas réussir, de réussir, d’être critiqué, jugé ou rejeté, de ne pas être à la hauteur, de ne pas intéresser les autres, de ne pas avoir suffisamment d’argent, d’être trop vieux pour oser rêver encore.

Résultat : nous repoussons le moment de passer à l’action ou prenons la fuite devant les efforts à consentir et les difficultés à surmonter.

Le confort de nos habitudes prend le dessus.

Cette résistance au changement finit, inconsciemment, par nous faire croire et proclamer que c’est ainsi que nous sommes le plus heureux.

Tant que nous ne décidons pas de sortir de notre zone de confort pour entrer dans celle de croissance. Ou que les événements nous l’imposent.

Pour éviter les regrets de fin de vie : rêver grand maintenant


Je regrette de ne pas avoir vécu comme je l’aurais voulu mais plutôt comme les autres me le suggéraient ou me l’imposaient (Michel, 95 ans)


Bronnie Ware, une infirmière australienne en soins palliatifs, a colligé dans son blogue les 5 regrets le plus souvent exprimés par ses patients en fin de vie.

En tête de liste se trouve le regret de ne pas avoir réalisé la moitié de leurs rêves.

Vient ensuite, surtout pour les hommes, ne pas avoir consacré suffisamment de temps à leur famille, notamment à leurs enfants, mais beaucoup trop à leur travail.

Ces patients en fin de vie regrettent aussi de ne pas avoir exprimé leurs sentiments afin d’éviter les conflits et de s’être installés alors dans une vie non satisfaisante, voire médiocre au point où l’amertume a miné leur santé.


Un autre regret? Avoir perdu leurs amis, par négligence et réaliser qu’il est trop tard pour réparer les choses.


À la retraite, il est temps (urgent?) encore de traduire ses regrets en défis à relever et en rêves à réaliser. Ainsi, au moment de quitter ce monde, ils auront cédé la place à la fierté de ce que l’on a accompli et laissé derrière soi: valeurs, créativité, générosité, amour et espoir à ceux qui nous suivent.

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