La surcharge mentale : le caillou dans le soulier qui met en danger notre capital cognitif
Par Marie-Paule Dessaint, auteure et biographe
Passages extraits du live Mémoire et intelligence. Réduire leur déclin de 50 % (seconde édition)
La surcharge mentale?
La surcharge mentale, c’est cette petite voix intérieure qui nous pousse constamment à tout anticiper, à planifier et à organiser, et qui nous fait sans cesse nous inquiéter.
Elle résonne avec une intensité décuplée sous l’effet de la pression du temps, des urgences et de la gestion simultanée de multiples tâches.
Elle agit comme un véritable caillou dans le soulier : à la longue, cette surchauffe épuise la charge cognitive, c’est-à-dire la quantité d’effort que le cerveau doit fournir pour rester concentré.

Livre Mémoire et intelligence. Réduire leur déclin de 50% seconde édition 2026. Un chapitre consacré aux effets de l’intelligence artificielle sur les fonctions cognitives ainsi que dans La retraite en vue? En route vers de nouveaux défis et aventures (seconde édition, 2026)
Une charge mentale plus intense chez les femmes ?
Les recherches actuelles confirment que les femmes demeurent les plus touchées par ce fardeau invisible.
En effet, les stéréotypes culturels persistent et elles continuent d’assumer la plupart des tâches domestiques tout en menant une carrière de front.
Même lorsque le partenaire s’implique, les femmes se retrouvent souvent responsables de la planification et de la coordination, ce qui entraîne un niveau d’épuisement mental élevé.
Le cortex préfrontal assailli et un excès de glutamate
Cette saturation assaille en premier lieu le cortex préfrontal du cerveau, le « commandant en chef » responsable de la planification et de la prise de décision. Des études récentes en neurosciences ont révélé que les tâches cognitives exigeantes entraînent une accumulation de glutamate dans cette région.
Si ce neurotransmetteur est essentiel à l’apprentissage, son excès dans la fente synaptique entre les neurones devient toxique et entrave la fluidité de la communication cérébrale.
Pour se protéger, le cerveau court-circuite notre volonté, ce qui engendre de la fatigue mentale, un brouillard cognitif et des oublis.
La tentation du doomscrolling
L’infobésité et la tentation du défilement anxiogène (doomscrolling) en fin de journée aggravent ce phénomène.
Ce flot toxique active l’amygdale cérébrale (il régule les émotions et la mémoire), maintient l’organisme dans un état de stress chronique et fragmentes notre capacité à réfléchir en profondeur au profit d’une quête passive de dopamine.
Quelques stratégies de délestage cognitif

Écrire à la main permet aussi à plusieurs fonctions cognitives de s’exercer sans être perturbé par les fonctions techniques du clavier de l’ordinateur
Pour soulager ce goulot d’étranglement cognitif et retrouver une clarté d’esprit, plusieurs stratégies de délestage cognitif sont disponibles.
- La première étape consiste à vider notre esprit en priorité en créant ce que les neuroscientifiques appellent un exocerveau.
Il suffit de se munir d’un carnet de notes en papier et de le remplir immédiatement lorsqu’une idée nous accapare.
L’écriture transmet au cortex préfrontal l’assurance que l’information est désormais en sécurité, ce qui met fin au phénomène épuisant de l’effet Zeigarnik, ce principe psychologique qui incite le cerveau à ruminer sur les tâches inachevées.
- En se référant à la matrice d’Eisenhower, il devient plus facile de distinguer ce qui est vraiment urgent, ce qui peut être remis à plus tard, ce qui peut être confié à quelqu’un d’autre ou ce qui doit tout simplement être abandonné.
- Des papillons adhésifs sur le réfrigérateur peuvent également servir de signal visuel pour les tâches immédiates.
- Pour préserver notre concentration au travail, la méthode Pomodoro s’avère très efficace. Elle consiste à éteindre tous les sons distrayants et à se concentrer exclusivement sur une tâche majeure pendant 25 minutes, sans être tenté de regarder ses courriels ou son téléphone. Si une pensée parasite surgit durant cet effort, il suffit de la consigner dans le carnet de notes pour l’évacuer. Une fois le temps écoulé on prend cinq minutes de repos physique avant de recommencer un autre cycle de 25 minutes.
Fuir le piratage de la dopamine en soirée
Pour apaiser le système nerveux, il est également crucial de fuir le piratage de la dopamine en soirée.
Pour ce faire, on peut remplacer les écrans et leur lumière bleue par la lecture d’un livre papier qui préserve la production de mélatonine et garantit un sommeil réparateur, période durant laquelle le cerveau émet des ondes alpha propices à la relaxation profonde.

Quelques pratiques à adopter
Ces pratiques ont un impact réel sur la structure et le fonctionnement de notre cerveau.
- La méditation de pleine conscience pratiquée régulièrement augmente la densité des neurones dans l’hippocampe, le siège de la mémoire, en même temps qu’elle provoque le rétrécissement de l’amygdale.
- Pour les journées trop chargées, la cohérence cardiaque offre une solution rapide : six minutes d’inspiration et d’expiration profondes, alternant cinq secondes chacune, font instantanément chuter le taux de cortisol et régulent la pression artérielle.
Un cerveau saturé perd instantanément sa souplesse. En triant et en allégeant ce qui l’encombre, la culpabilité s’évapore, la qualité du sommeil s’améliore et l’inspiration refait surface.
——
Les autres (nombreuses) références pour cet article se trouvent dans le livre Mémoire et intelligence, ainsi que les explications détaillées pour chaque méthode (Matrice d’Eisenhower, Pomodoro, etc.)
—–
Vous pourriez aimer lire aussi…

Livre La retraite en vue en route vers de nouveaux défis et aventures, seconde édition 2026, mise à jour et enrichie
- La nouvelle édition de La retraite en vue? En route vers de nouveaux défis et aventures (seconde édition, mise à jour et actualisée, 2026)
Tout comme dans la seconde édition de Mémoire et intelligence. Réduire leur déclin de 50%, un chapitre est consacré aux risques que représente l’intelligence artificielle pour la mémoire et l’intelligence, si nous en abusons.
J’explique comment l’utiliser… intelligemment.
Et comment l’IA utilisée en excès conduit à l’illusion de connaissances et la perte de compétences (un article sur ce thème d’ici janvier 2027)







