Des habitudes de vie pour préserver la mémoire et l’intelligence
© Par Marie-Paule Dessaint, docteure en sciences de l’éducation, auteure, conférencière et biographe
Extraits du livre Mémoire et intelligence. Réduire leur déclin de 50%
La mémoire et l’intelligence s’usent et se détériorent plus rapidement si on ne s’en sert pas et si on ne les exerce pas de diverses façons, chaque jour, avec constance et persévérance

Mémoire et intelligence. Réduire leur déclin de 50%. Livre et formations
En 2022, environ 55 millions de personnes étaient atteintes de démence, au monde, et plus de la moitié (60 %) d’entre elles vivaient dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (source : Organisation mondiale de la santé.)
Puisque plus de 95 % des cas de démence surviennent après 65 ans, on peut croire qu’en plus des effets du vieillissement et d’accidents qui ont atteint le cerveau, un mode de vie délétère (qui met la santé et la vie en danger) ou des conditions de vie difficiles sont à l’origine de ce malheureux aboutissement.
Malgré tout, nombre de personnes âgées de plus de 80 ans sont encore très actives et créatives, et leurs compétences sont toujours recherchées.
Trente pour cent des centenaires ne présentent pas de problèmes cognitifs majeurs ni même de démence, et des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral soigné très rapidement ont même recouvré leurs capacités.
Qu’ont donc en commun ces personnes?
Elles sont actives intellectuellement, adoptent de bonnes habitudes de vie (alimentation, sommeil, exercices physiques), procurent du plaisir à leur cerveau (oui, oui, car il est néophile) à travers leurs activités.
Elles sont épargnées de certaines maladies qui affectent le cerveau et ne prennent pas ces médicaments qui le «dérangent».
Quelques pistes pour entretenir, préserver et améliorer la mémoire et l’intelligence

Sans un effort délibéré et sans stratégie de mémorisation, nous ne retenons environ que 10% de ce que nous lisons, 20% d’un exposé, mais 90% de ce que nous mettons en pratique
Rester très actif intellectuellement
D’après le maître de conférence français Claude Touzet, une étude menée pendant environ sept ans auprès de 29 000 personnes a montré que les plus actives d’entre elles sur le plan cognitif ont diminué de 46% leur risque de développer une démence ainsi que le maladie d’Alzheimer
Ces activités doivent cependant être diversifiées afin d’entraîner la plupart de nos mémoires: lire, écrire, apprendre un instrument de musique, suivre des cours…
Elles doivent être difficiles tout en étant faisables, en plus d’être représentatives de situations réelles (transférables dans les activités quotidiennes) (voir «Les difficultés désirables» dans l’article: L’intelligence artificielle. Alliée ou vampire de notre pensée?)

L’activité physique permet de consolider nos fondations afin de rester le plus longtemps possible, en santé et profiter de la retraite
S‘adonner à des activités physiques les plus intenses possibles (dans la mesure de nos capacités)
Les exercices physiques protègent mieux le cerveau contre les changements liés au vieillissement que les activités intellectuelles et sociales même si celles-ci sont indispensables à son fonctionnement optimal. La marche, à un rythme rapide, améliore la logique, le raisonnement, la déduction, la résolution de problèmes, la capacité de se concentrer, en plus d’augmenter la densité de matière grise dans l’hippocampe.

L’insomnie est une voleuse de mémoire. Le sommeil devrait occuper le tiers de nos journées
Bien dormir
Pendant que nous dormons, le cerveau trie, sélectionne, organise, sauvegarde et consolide les connaissances, compétences et habiletés acquises durant la journée ainsi que la précédente.
Il se débarrasse aussi des déchets neurotoxiques qu’il a lui-même produits pendant son travail de jour.

Bien manger, et même jeûner
Boire et manger maintiennent le corps et l’esprit rassemblés. Henrich Boll
Le jeûne intermittent réduit le stress, contribue à la neurogenèse (la formation de nouveaux neurones), réduit le risque de faire un accident vasculaire cérébral et nous protège contre des maladies telles que l’Alzheimer ou le Parkinson.

La deshydratation chronique crée de nombreux problèmes de santé dont les problèmes de mémoire, de la confusion, l’hypertension, l’ostéoporose, etc.
Boire beaucoup d’eau
Avec l’oxygène, l’eau est indispensable au bon fonctionnement de notre cerveau.
Elle est un excellent conducteur de l’énergie électrique entre les neurones, les cellules nerveuses.
Elle est aussi le grand vidangeur des toxines qui encombrent notre organisme.

Lien entre la lumière, le sommeil, le bien-être général, la mémoire, la dépression hivernale, la prise de poids, etc.
S’exposer à la lumière intense dès le matin, surtout en hiver
Lumière intense le matin et obscurité le soir pour bien dormir, se réveiller frais et dispos, être de bonne humeur et… intelligent! La lumière est indispensable à notre équilibre physique et psychologique. Elle contribue surtout à réguler le cycle naturel entre l’éveil et le sommeil afin de nous endormir naturellement le soir et nous réveiller le matin, frais, dispos et de bonne humeur.
Le manque (l’insuffisance) de lumière le matin nous rend maussades, sans énergie en plus d’occasionner des rages de sucre. Trop de lumière le soir nous empêche de dormir.

La méditation de pleine conscience (mindfulness) a des effets spectaculaires sur la mémoire et la santé, en plus d’augmenter les effets thérapeutiques des médicaments et de réduire le stress
Méditer
En plus de ses vertus thérapeutiques, la méditation augmente la densité de matière grise non seulement dans les zones du cerveau associées à l’attention, à l’apprentissage et à la souplesse émotionnelle, mais aussi dans l’hippocampe.
Quatre jours de méditation, à raison de 20 minutes chaque fois, suffisent à booster la mémoire, la vigilance et l’attention visuelle.

Le bridge sollicite des fonctions cognitives supérieures, dont le raisonnement, la stratégie, la prise de décisions rapides, etc.
Faire quelques grilles de sudoku ou de mots croisés ou de jouer au scrabble, au bridge, aux échecs…
Les travaux de recherche n’ont pas révélé que la participation à des jeux cérébraux réduirait à elle seule le risque de maladies neurodégénératives liées à l’âge, telles que la maladie d’Alzheimer.
Cependant, ils peuvent améliorer certaines fonctions cognitives (par exemple les fonctions exécutives et la mémoire de travail) et peuvent donc jouer un rôle important dans le maintien de la santé du cerveau.

Soliloquer à voix haute pour clarifier ses pensées, y mettre de l’ordre, valider ses décisions…
Se parler à voix haute
Soliloquer à voix haute permet de matérialiser et de clarifier nos pensées, d’y mettre de l’ordre, de percevoir ce qui est important, de valider nos décisions les plus difficiles, de nous encourager et nous réconforter, de nous réprimander, de réduire la pression, d’entendre une voix légitimer notre existence, nous libérer d’un trop plein de pensées, de mieux nous concentrer, etc.

Mâcher du chewing-gum pour mieux se concentrer et réduire les problèmes de mémoire
Mâcher du chewing-gum
Mâcher du chewing-gum permettrait de mieux se concentrer, de réduire le stress et la perte de mémoire liée au vieillissement.
La mastication aide à se concentrer sur une seule tâche au lieu de s’éparpiller, en plus d’accroître la rapidité et la précision.
Elle améliore aussi les performances au travail et le bien-être général.
La mastication activerait aussi l’hippocampe, cette région du cerveau atteinte dans la maladie d’Alzheimer.
Pour aller plus loin…
Stratégies et conseils pour une mémoire vive et alerte
L’intelligence artificielle. Alliée ou vampire de notre esprit
Tous mes articles sur la mémoire et le sommeil
Comment réduire le déclin cognitif de 50%
Cours et conférences pour améliorer la mémoire et l’intelligence







