L’inhibition cognitive : Le secret de la concentration et de la réussite
Par Marie-Paule Dessaint, docteure en sciences de l’éducation, auteure, conférencière et biographe
Les neuroscientifiques affirment que les personnes capables d’inhiber les automatismes et les interférences quand il le faut sont en général plus intelligentes que les autres et réussissent mieux dans la vie, autant au travail que dans leurs relations. Elles résistent mieux au stress et s’adaptent plus facilement au changement — Marie-Paule Dessaint
Pourquoi nos pensées, nos habitudes ou nos émotions prennent-elles parfois le contrôle malgré nous ?
La réponse réside dans une fonction cérébrale supérieure : l’inhibition cognitive.
Qu’est-ce que l’inhibition cognitive ?
C’est le mécanisme de « frein » de notre cerveau. Ce filtre préfrontal nous permet de sélectionner les informations utiles et de mettre en sourdine tout ce qui parasite notre attention.
Sans ce mécanisme d’autocontrôle, notre mémoire de travail s’encombre, rendant la concentration, l’apprentissage et la prise de décision difficiles.
Pourquoi est-ce essentiel ?
Les neurosciences démontrent que les personnes capables d’inhiber leurs automatismes et interférences réussissent mieux leur vie personnelle et professionnelle :
- Meilleure gestion du stress et adaptation au changement.
- Pensée critique affinée : capacité à réfléchir avant de croire aux fausses nouvelles ou aux rumeurs.
- Relations apaisées : tempérance dans les paroles et évitement des jugements erronés.
- Efficacité accrue : capacité à accomplir des tâches sans se laisser distraire par le bruit ou les pensées parasites.
Le cerveau est un cheval fougueux que l’inhibition cognitive dirige tel un cavalier avec ses rênes — Alain Berthoz
L’équilibre entre inhibition et créativité
Si l’inhibition est nécessaire à la rigueur, l’excès peut freiner la créativité (perfectionnisme rigide, peur de l’inconnu).
À l’inverse, une désinhibition totale peut mener à des troubles majeurs, comme le montre l’histoire de John Forbes Nash Jr. (film Un homme d’exception). T
out est une question de juste milieu.
Peut-on muscler son inhibition cognitive ?
Oui, cette fonction s’apprend et s’améliore à tout âge.
Quelques pistes pour vous entraîner :
- Observez-vous en action : Identifiez les automatismes qui vous nuisent.
- Pratiquez la tempérance : Résistez aux tentations futiles (achats inutiles, excès alimentaires, querelles pour rien).
- Soyez mono-tâche : Enlevez le « pilote automatique » et concentrez-vous sur une seule action à la fois.
- Sortez de la routine : Changez vos itinéraires habituels.
Pour aller plus loin
Testez votre inhibition cognitive avec l’effet Stroop
Conférence : Débusquer les facteurs à l’origine des ratés de mémoire
L’intelligence artificielle: alliée ou vampire de notre esprit

Vous pourriez aimer lire aussi cet article
LA PEUR D’ÉCHOUER BLOQUE L’APPRENTISSAGE
Pourquoi le stress et la peur de se tromper nous empêchent ils de retenir ce que nous devons apprendre?
À l’école, chez soi, au travail, avec nos proches, la peur d’échouer et les punitions en cas d’erreur, bloquent le cerveau préfrontal, le centre de la planification, de l’action et de l’apprentissage. Il est alors extrêmement difficile de faire de nouveaux apprentissages.







