Perdre 40% de nos facultés intellectuelles entre 20 et 60 ans (1ère partie)

Par  Marie-Paule Dessaint,  docteure en sciences de l’éducation, auteure, conférencière et biographe

Le déclin de nos facultés intellectuelles au fil des années affecte en priorité la mémoire des noms propres et la mémoire épisodique (notre propre histoire) mais aussi nos fonctions cognitives supérieures.

Comment ralentir ce processus? 

Extrait du livre Le cerveau. Comment entretenir votre mémoire et votre intelligence

Tout comme le corps, le cerveau s’use, se détériore et perd peu à peu ses capacités au fil des ans. L’un et l’autre deviennent moins souples, moins flexibles, moins réactifs et moins alertes.

Les structures cérébrales qui supportent les fonctions cognitives sont plus fragiles, en raison de l’action des radicaux libres (oxydation), de la baisse de concentration des neurotransmetteurs et du ralentissement de la microcirculation sanguine. Des plaques amyloïdes (séniles) apparaissent graduellement dans le cerveau, provoquant peu à peu la dégénérescence des neurones (les cellules nerveuses).

Lorsqu’elles deviennent très nombreuses, ces plaques séniles ouvrent alors toute grande la porte à la maladie d’Alzheimer. Des neurones disparaissent aussi chaque jour, mais, heureusement, la plupart ont la capacité de se régénérer. C’est la neurogenèse.

Bien que, parfois gênants, ces changements ne nous empêchent pas de vivre normalement et de conserver notre autonomie jusqu’à un âge avancé. À condition, bien sûr, de ne pas baisser les bras et d’agir.

 

Sur cette illustration qui représente le potentiel du développement cognitif au cours de la vie, les points, au centre de la courbe, montrent le déclin normal. Les flèches, ascendantes ou descendantes, montrent les effets positifs ou négatifs sur la cognition de certains facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux. La ligne horizontale montre le seuil fonctionnel à partir duquel la cognition peut être compromise dans certains cas. (Droits d’auteur: Marie-Paule Dessaint et éditions Broquet; D’après C. Hertzog, A. F. Kramer et R. S. Wilson)

Perdre peur à peu la mémoire des noms propres et celle de notre propre histoire (la mémoire épisodique)

Nous perdons aussi peu à peu nos fonctions cognitives supérieures habituellement associées à l’intelligence : mémoire de travail, flexibilité cognitive, vitesse de traitement de l’information, capacité d’attention (surtout l’attention sélective) et de la concentration, ainsi que la capacité de nous concentrer.

Aussi, dès que la vitesse de traitement de l’information ralentit, le temps nécessaire pour réagir et exécuter des actions augmente, par exemple si une urgence nous oblige à modifier rapidement une action ou une stratégie déjà enclenchée.

En revanche, la mémoire sémantique (notre encyclopédie personnelle) est assez bien épargnée jusqu’à un âge avancé.

La mémoire lexicale (le vocabulaire) résiste assez bien aussi à l’assaut du temps, jusqu’à 75-80 ans et même jusqu’à 90 ans. Il en est ainsi du langage.

20 ans environ: la mémoire est au maximum de son efficacité, mais…

C’est à cette période de la vie que la mémoire est au maximum de son efficacité, notamment la capacité de se concentrer, ainsi que l’intelligence fluide : l’intelligence logique mathématique.

Par exemple, un jeune âgé de 15 ans, peut apprendre rapidement une poésie, même si l’environnement est bruyant, alors que ce sera plus difficile à 40 ans et, pire encore à 50 ans.

Mais, plus nous vieillissons, plus l’expérience de vie et les stratégies personnelles développées au fil des ans pour apprendre et se débrouiller en toutes circonstances, compensent ce qui est perdu de l’intelligence fluide. L’intelligence cristallisée prend peu à peu la relève.

C’est dans la vingtaine que s’amorce le déclin de la mémoire de travail, là où se font les opérations intellectuelles, par exemple, lire, écrire, planifier une action ou raisonner, à partir des informations puisées dans la mémoire à long terme. Par exemple, dès que la mémoire de travail faiblit, raisonner et planifier des actions devient plus difficile. Il en est ainsi de la créativité.

Aussi, environ 6 % des récepteurs du neurotransmetteur dopamine commencent à disparaître, chaque dizaine d’années. La dopamine contribue à la bonne circulation de l’information dans le cerveau, jouant ainsi un rôle important dans la capacité de se concentrer et d’être attentif. Elle est également impliquée dans l’entrain, la prise de décisions, la créativité, les fonctions motrices et le sommeil.

À partir de 30 ans: la capacité d’attention commence à baisser

Même si, à cet âge, les capacités de la mémoire sont à leur maximum, la capacité d’attention commence à baisser. Heureusement, des études ont montré qu’une personne qui s’adonne régulièrement à une activité physique à 36 ans en verra les effets positifs sur ses performances intellectuelles entre 7 et 15 ans plus tard. L’effet de l’exercice physique sur la santé cognitive est semblable, et parfois supérieur, à celui des exercices intellectuels.

À partir de 40 ans: il est difficile de se concentrer dans un environnement bruyant

À cette période de la vie, certaines personnes ont déjà des problèmes de mémoire objectifs (mesurables). Il leur est plus difficile, par exemple, de se concentrer dans un environnement bruyant. Les effets du vieillissement commencent à se faire sentir sur le nerf optique et sur la rétine. Pour la majorité des gens, la vue est l’organe le plus utilisé pour enregistrer des informations et apprendre. À 45 ans, environ 30 % des gens éprouvent des difficultés à se souvenir du nom des personnes qu’ils viennent de rencontrer.

50 ans: La moitié des cinquantenaires se plaignent de problèmes de mémoire

À partir de cet âge, ils sont en effet plus sensibles aux interférences, c’est-à-dire aux distractions telles que les sensations physiques (la chaleur, les douleurs), les pensées parasites (inquiétude, angoisse, colère) ou l’environnement lui-même (le bruit).

La mémoire épisodique devient moins efficace. La myélinisation continue jusqu’au milieu de la cinquantaine, mais de façon plus subtile. La myélinisation est la formation de la gaine de myéline qui entoure la plupart des neurones et des axones, pour les protéger, comme une gaine isolante, mais aussi pour faciliter la conduction des informations d’un neurone à l’autre.

Toutefois, l’entrainement intense et intensif (exercices intellectuels) qui engendre une activité importante des neurones peut encore stimuler la myélinisation au cours du vieillissement.

À suivre (bientôt)

Entre 20 ans et 60 ans, nous perdons à peu près 40 % de nos facultés intellectuelles. Comment ralentir ce processus? (seconde partie)

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