Écrire son histoire quand on a subi la violence conjugale

Par Marie-Paule Dessaint, docteure en sciences de l’éducation, auteure, conférencière et biographe

Nous savons que la violence conjugale augmente en ce moment de confinement… et que le confinement, et probablement aussi nos peurs face à l’avenir, est un bon moment pour s’offrir un face à face avec soi; pour faire le récit de notre vie.

C’est, bien sûr aussi une bonne période, au calme, chez soi, sans trop de sollicitations extérieures pour écrire les plus bons moments de notre vie afin de les transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants ou encore pour les publier si nous pensons que nous pouvons apporter quelque chose aux autres.

Il s’agit peut-être aussi d’un moyen de ne pas nous laisser totalement envahir l’esprit par tous ces chiffres incroyables et difficiles à croire et à supporter que l’on entend à longueur de journée.

Une personne m’a demandé de lui donner un peu d’aide (gratuitement) pour écrire son histoire. Je le fais volontiers et je me propose donc de vous faire profiter des PREMIÈRES questions que le lui ai posées pour qu’elle puisse se lancer dans son travail d’écriture. Il s’agit, dans un premier temps, de questions générales pour structurer son récit (ou le votre). J’en ajouterai d’autres par la suite.

Je n’écrirai cependant pas de récits de vie gratuitement, faute de temps et aussi parce que j’en ai déjà en chantier.

Vous trouverez à la fin de ce texte des liens vers des articles (conseils) que j’ai écrits sur ce thème de l’écriture de soi…

Vous trouverez aussi un article tiré du magazine CAIRN sur la violence conjugale à partir du roman de Roddy Doyle, La Femme qui se cognait dans les portes. Vous pourrez y puiser des idées et des enseignements sur votre propre histoire.

Un accompagnement dans l’écriture et non une thérapie

Je précise que je ne suis pas psychologue, mais que j’utilise encore mes outils de coach (autrefois certifiée), même si je ne pratique plus à mon bureau. Je reste neutre et ne prends pas partie.

Il ne s’agit ici que d’un accompagnement dans la rédaction d’un récit de vie, pour vous ou pour les autres. Pour mieux comprendre ce qui s’est passé et en tirer des enseignements.

Au fur et à mesure de la rédaction, je vous pose des questions… de coach, pour vous permettre d’approfondir votre réflexion, je vous aide à structurer votre texte et à lui donner une logique malgré la difficulté de mettre sur papier des moments aussi douloureux.

Je ne donne pas de liens vers des ressources pour les personnes aux prises avec la violence conjugale. Il y a en ce moment, début avril 2020, toutes une série d’articles dans les médias. Il suffit de taper ces mots dans un moteur de recherche. Je précise aussi que je ne profite pas de la situation actuelle (l’augmentation des cas de violence conjugale pendant la pandémie), puisque je ne fais que répondre à une demande, sans rémunération.

Ouf! J’espère avoir bien mis les choses au clair!

Les premières questions pour échapper au syndrome de la page blanche…

(Pour sourire un peu! En vérifiant sur Wikipedia si l’expression syndrome de la page blanche est exacte, j’ai découvert le vrai terme à utiliser: la leucosélophobie! Donc, dorénavant, je demanderai à mes clients s’ils souffrent de leucosélophobie!)

Je précise que ces questions ne sont pas de jugements sur la situation, mais seulement des pistes de réflexion. Aussi, puisque c’est une dame qui m’a demandé de lui donner des conseils et des idées… nous prenons pour acquis que c’est un monsieur… qui est ou a été violent avec elle; ce qui est le plus souvent le cas (bien que l’inverse existe aussi).

1. Pourquoi voulez vous écrire votre histoire?

2. Que voulez vous en faire?: faire la paix avec le passé? Expliquer aux autres? À vous? Mieux comprendre pourquoi et comment cela s’est passé? En tirer des enseignements pour vous ou pour transmettre aux autres?

3. Dans votre cas, comment cette violence s’est elle produite? (physique, verbale….)

4. Est-ce qu’il y a un  lien avec la violence conjugale que vous avez connue et votre enfance et jeunesse? Si oui quel est-il?

5. Qu’est-ce qui vous a « entraînée » dans cette spirale de la violence conjugale? (Les circonstances, la peur de l’autre, votre attitude, votre comportement?)

6. Qui était celui qui vous a ainsi maltraitée? (pas son nom mais sa description, sa façon de vivre, son enfance, ses besoins…)

7. Comment vous en êtes vous sortie? (Thérapie? Personnes de votre entourage? etc. )

8. Quelles sont les conséquences et séquelles aujourd’hui?

9. Quels sont les apprentissages que vous avez faits et les forces que vous avez acquises. que vous pourriez transmettre dans votre récit à ceux et celles qui ont vécu la même chose que vous?

D’autres questions suivront.

N’hésitez pas à réagir et si vous avez des idées et des questionnements à partager pour aider les personnes qui veulent écrire sur ce sujet, je les ajouterai de votre part dans cet article.

La femme qui se cognait dans les portes: un roman sur la violence conjugale

La femme qui se cognait dans les portes (sur la violence conjugale: site mariepauledessaint.comAvant de commencer à rédiger votre histoire, et pour aller plus loin que mes premières questions, dans votre réflexion, je vous suggère de lire le résumé-synthèse de ce roman de Roddy Doyle, La Femme qui se cognait dans les portes (Robert Laffont, 2019- 1ère édition 1997 pour la version française)

J’ai trouvé cet article écrit par Nadège Séverac, dans le magazine Cairn.info sous le titre: La part impensée de la violence conjugale de la fiction au récit vécu. À lire absolument!

Ce livre, écrit par un homme, est toujours en librairie…

Voici un extrait de ce que l’éditeur en dit, mais je vous suggère surtout de lire le résumé du magazine Cairn.

«Paula Spencer, trente-neuf ans, s’est cognée dans les portes pendant dix-sept ans… Battue, humiliée, et toujours amoureuse de son bourreau, elle a dilué ses peurs dans l’alcool pendant toutes ces années.

Ce roman âpre, écrit dans un style nerveux, direct et spontané, dénonce en effet un univers de souffrance, de misère et de violence.

Mais c’est aussi un roman drôle, plein de force et de vie.

Avant d’écrire La femme qui se cognait dans les portes, Roddy Doyle s’était déjà penché sur le thème de la violence conjugale – que l’on entrevoit dans Paddy Clarke Ha ! Ha ! Ha ! Au cours de ses recherches et pendant l’écriture du roman, il s’est senti de plus en plus démuni et désolé pour son personnage. Le résultat est d’une humanité percutante.»

Quelques articles sur les récits de vie

Quelques questions pour organiser votre récit de vie.

Écrire et relire sa vie avant d’en ouvrir un nouveau chapitre

Les bienfaits de la relecture de vie

Et mes services (différents types d’accompagnement et tarifs) si vous souhaitez que je vous accompagne dans la réalisation de votre récit de vie (coaching d’écriture)

Écrire son histoire: coaching d’écriture

Dans ce cas, je vous offre, selon l’option que vous choisissez, mon livre Relire sa vie. 21 récits pour vous guider.

… et des témoignages (ils n’y sont pas tous)

 

 

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