Gros plan sur la retraite: illusions, déceptions et équilibre

Par Marie-Paule Dessaint, Ph.D., auteure, conférencière et biographe

Plus je me rapproche de l’échéance de mon départ à la retraite, plus j’ai l’estomac noué ! Je n’ai pourtant pas de soucis à me faire : finances, logement, compagne, santé, tout va très bien. Alors, que se passe-t-il ? Mystère ! Probablement la crainte d’une perte de reconnaissance sociale. (Un futur retraité)


Qu’il soit voulu ou forcé, le passage à la retraite est, pour tous, un moment délicat à vivre.

Tout est chamboulé et, souvent, rien ne se déroule comme on l’a rêvé, idéalisé, planifié, organisé ou espéré.

Une fois la fête des adieux terminée, les cadeaux déballés et quelques larmes essuyées, on rentre chez soi, déshabillé de son statut de travailleur.

On devient alors Madame ou Monsieur X, retraité comme tous les autres, inutile à la société, malgré un immense capital d’expériences et de compétences à offrir et riche d’un nouveau capital temps à combler, mais, parfois, avec des ressources plus restreintes.

On peut aussi se retrouver seul, plus seul qu’avant… ou à deux et constamment ensemble.

Conscient aussi du temps qui passe et des limites qu’il imposera désormais à la santé, à la vitalité, à la capacité de plaire encore ou à celle de tout recommencer.

La retraite: une rupture déstabilisante avant de retrouver l’équilibre

Cette rupture avec le passé est tellement déstabilisante que certains retraités ne parviennent jamais à rétablir totalement l’équilibre.

Les autres intègrent graduellement ces changements à leur vie, sans pour autant se résigner ou renoncer à ce qui compte pour eux, depuis leurs besoins et leurs rêves jusqu’à leurs valeurs.

Ils en profitent d’ailleurs pour rattraper les occasions perdues ou se forger une nouvelle vie à leur mesure : se lancer dans une nouvelle carrière, s’engager dans une nouvelle union, s’amuser, explorer, créer, retrouver leurs amours, leurs amis et leurs rêves de jeunesse, se refaire une santé, physique et psychologique, retourner aux études et apprendre encore.

Mais ils peuvent aussi relever leurs manches pour s’engager dans leur communauté, aider les plus faibles et les démunis à revendiquer leurs droits, renforcer le pont entre les générations… et bien d’autres choses encore.

Retraités heureux et épanouis

Le bien-être physique et psychologique d’une personne repose sur la satisfaction et l’équilibre de besoins innés et universels: santé et sécurité, défis stimulants, se relier aux autres, contribuer, s’accomplir, être «significatif», etc.  


Satisfaire chacun de ces besoins est relativement facile ou accessible durant la vie active, mais une fois à la retraite, cela peut devenir plus difficile pour diverses raisons, et à des degrés différents

O la baisse de vitalité et les problèmes de santé,

O l’insécurité financière pour certains,

O les déménagements,

O les séparations, la perte de certains amis et les deuils,

O la perte du réseau social, 

O la perte du statut liés à l’emploi et bien d’autres changements encore, qui accompagnent la retraite et le vieillissement, pourront entraîner des effets dévastateurs sur l’équilibre personnel.

Pour s’assurer une retraite heureuse et en bonne santé, il est donc impératif de mettre en place des dispositifs afin de répondre à chacun de ces besoins, même si cela se fait différemment par rapport à la période précédente d’activité.

Après les illusions ou la déception : l’équilibre

J’ai du mal à croire les gens qui disent s’être adaptés à la retraite sans passer par une période de spleen. Après un temps plus ou moins long pendant lequel on flotte comme sur un radeau, tout se met en place et l’avenir s’éclaire. La suite est plutôt intéressante. Une retraitée

 

Les premiers mois ou les premières années de la retraite se déroulent généralement dans l’euphorie (la grande illusion),

mais tous les retraités passent ensuite par une période de déception (le grand chambardement), imperceptible, durant laquelle ils commencent à douter des avantages de la retraite, tout en continuant, bien sûr, à apprécier leur liberté.

Ce passage peut être comparé aux premiers temps d’une nouvelle union (la fameuse lune de miel !), de l’acquisition d’une nouvelle maison de rêve (à rénover !) ou de l’adoption d’un adorable petit chien.

Tout semble parfait et sans défaut jusqu’au jour où la réalité refait surface, en question leur choix.

Un sérieux examen critique s’impose alors

Il en est ainsi pour la retraite. Après une période quasiment idyllique, libres comme le vent, occupés à ne rien faire ou emportés dans un tourbillon d’activités, tous ressentent l’urgence de repositionner leur vie sur tous les plans : activités, rythme de vie, relations avec le conjoint, réseau social.

Il s’agit en fait d’une période de deuil du travail et de tout ce qu’il générait : sentiment d’utilité et d’appartenance, défis stimulants, statut et fierté de soi liés aux compétences, petites habitudes et complicités avec les collègues de travail. Tout cela avait été occulté par la période d’euphorie.

Mais voilà que soudainement tout remonte à la surface et que mille et une questions surgissent : sur soi, son passé, sur l’avenir et sur le sens à donner désormais à sa vie.

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